Une France vacille en silence.
Dans les campagnes, des agriculteurs se lèvent chaque matin avec la peur au ventre. Peur de ne plus tenir. Peur de disparaître. Peur de transmettre à leurs enfants un métier devenu impossible à exercer. Ils travaillent la terre, nourrissent la nation trois fois par jour, et pourtant ils sont traités comme des variables d’ajustement, écrasés sous les normes, les incohérences, les injonctions contradictoires. Ils aiment leur métier, ils aiment leur pays, et on est en train de les pousser à bout.
Cette détresse là, nous la comprenons. Nous la respectons. Nous la partageons. L’ensemble de la nation aussi.
Car ce qui frappe aujourd’hui les agriculteurs frappe déjà, ou frappera demain, tous les autres.
Les boulangers, par exemple. Ceux qui ouvrent quand le pays dort encore. Ceux qui font vivre les villages, les quartiers, le lien social le plus simple et le plus précieux. Si la PPE3 est imposée, leur facture d’électricité explosera. Beaucoup ne pourront pas suivre. On ne fait pas tourner un four à pain à coups de slogans et d’idéologie. Quand l’énergie devient hors de prix, le pain disparaît. Et avec lui, un morceau de France.
Les professionnels du nucléaire et de l’énergie made in France, eux, regardent le pays avec effarement. Ils savent. Ils voient venir le choc industriel, la fragilisation de notre souveraineté, la destruction méthodique de ce qui fonctionnait. Ils ne parlent pas pour défendre leur boutique, mais par connaissance du réel. Et ce réel est alarmant.
Les fonctionnaires, jamais aussi nombreux, jamais aussi malheureux, étouffent dans une machine devenue absurde, où le sens a disparu derrière les procédures. Les entrepreneurs, eux, voient chaque jour s’ajouter taxes, impôts, normes, contraintes, jusqu’à l’asphyxie. Les automobilistes ne savent même plus si les ZFE existent, s’appliquent, reviennent, disparaissent. L’arbitraire règne, l’incertitude aussi.
Tout cela n’est pas une addition de colères isolées. C’est une même fracture.
Regardez ce qui se passe dans le monde agricole. La Coordination rurale et la Confédération paysanne sont historiquement, politiquement, culturellement opposées. Et pourtant, aujourd’hui, elles se tiennent côte à côte. Pourquoi ? Parce que lorsque la survie est en jeu, les étiquettes tombent. Parce que quand on attaque l’existence même d’un métier, d’un mode de vie, d’une racine, il n’y a plus de droite, plus de gauche : il y a le réel.
Ce combat est existentiel. Il concerne le passé, le présent et l’avenir. Il concerne la capacité d’un pays à rester lui-même.
Face à cela, que voyons-nous ? Un pouvoir qui ne tient qu’à un fil. Un Parlement qui s’écharpe, se contredit, se rabiboche, devenu théâtre d’ombres vacillantes. Des décisions prises loin du terrain, sans le peuple, parfois contre lui. Une gouvernance déconnectée, souvent irresponsable, toujours pressée d’imposer plutôt que d’écouter.
Alors il faut le dire calmement, fermement : les Français doivent s’unir et se prendre en main.
Non pas par la violence. Non pas par la haine. Mais par la responsabilité collective. Par la capacité à peser de tout leur poids pour empêcher des décisions absurdes, pour bloquer ce qui détruit, pour exiger d’être respectés.
Le peuple doit reprendre sa place. Sa capacité à faire nation sur des sujets qui unissent. Et ils sont nombreux : se nourrir, se chauffer, travailler, produire, transmettre, vivre dignement.
Viendra le temps des solutions. Elles devront être tranchées démocratiquement, par référendum, dans la clarté et le respect du peuple. Mais aujourd’hui, l’urgence est ailleurs : l’urgence, c’est la mobilisation.
Pas pour soi. Pour le pays.
Les Français veulent de l’autorité, mais sans violence. De la liberté, mais avec la responsabilité. Ils veulent qu’on leur fasse confiance. Ils veulent des perspectives d’avenir pour vivre ensemble, paisiblement, dans un pays qui les respecte.
Nous ne pouvons plus laisser le présent chaotique de la politique menacer l’avenir de la nation.
Français, réveillez-vous.
Il n’est pas trop tard.
Les #Gueux


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